Qu’est-ce vraiment que le coaching ?

S’il est un métier dont l’appellation est galvaudée, malmenée, déformée, mise à toutes les sauces, c’est bien le coaching. Mais qu’est-ce vraiment que le coaching ?

Il faut dire que personne ne fait d’efforts : la plupart des livres sur le coaching commencent par trois pages de définitions prises ici ou là avant que l’auteur tente sa propre synthèse. Ensuite, il y a ceux qui s’improvisent coach, j’en croise souvent : ils font du conseil dans le cadre d’accompagnements de proximité. Comme c’est personnalisé, « sur-mesure », c’est une forme de coaching. Perdu ! Que le conseil soit personnalisé et sur-mesure, il me semble que c’est la moindre des choses, sinon on donne les mêmes conseils à chacun ! Mais ce n’est pas du coaching. De même qu’une formation, aussi personnalisée et sur-mesure qu’elle soit, n’est pas non plus du coaching.

Ajoutons à ça le « love coaching », le « house coaching » (dont je n’ai toujours pas compris s’ils s’agissait d’un accompagnement à la vente de son logement ou à la pratique du hip-hop), le « coaching en image », j’en passe et des meilleures. Sans porter de jugement sur le contenu de ces prestations, quand on lit le détail de leur description, il ne s’agit toujours pas de coaching.

Alors finalement, qu’est-ce vraiment que le coaching ?

Et est-ce une posture puriste-jusqu’au-boutiste-extrémiste que de refuser de rattacher les pratiques ci-dessus au coaching ?

Pratiques coaching professionnel Bordeaux

Le coaching est une pratique d’accompagnement qui part des objectifs d’un client et lui permet de les poursuivre par ses propres moyens.

1. Objectifs : ils peuvent être personnels ou professionnels et nous ne traiterons ici que de ces derniers (les objectifs personnels, tels qu’arrêter de fumer ou perdre du poids ne relèvent pas de ma pratique : je vais essayer de rester dans ce que je connais, même si le processus est proche). Ils ont en commun de ne pas être facilement atteignable par la personne accompagnée, qui, avant de faire appel au coach, n’y parvient pas seule. Ils nécessitent des prises de conscience, des changements, des efforts de la part du client. S’engager sur la voie du coaching n’est donc pas une solution de facilité ni un aveu d’échec ou de faiblesse. C’est au contraire la démonstration que la personne souhaite progresser et qu’elle est prête à faire des efforts pour y parvenir. Les objectifs précis d’un coaching nécessitent souvent au moins une séance pour être clarifiés, car il arrive fréquemment que la situation d’un client soit embrouillée, complexe et qu’il ait du mal à exprimer ses réels besoins dans des demandes claires.

Besoins coach professionel Bordeaux

2. Propres moyens : le coach ne donne aucune réponse à son client. Comme le coach d’un joueur de tennis doit savoir jouer sans pour autant tenir la raquette de son champion, le coach du professionnel doit connaitre le monde de l’entreprise, ses codes, ses difficultés… Mais il fait une totale confiance à son client pour savoir comment il doit et il va s’y prendre. Il chemine à côté de lui, lui fait faire parfois un pas de côté pour regarder une situation sous un angle différent, avec un nouvel éclairage.

Il questionne les certitudes, il bouscule le cadre de référence de la personne accompagnée pour lui permettre de l’élargir et d’y trouver de nouvelles solutions. Bien entendu, tout ceci nécessite de la sécuriser en même temps : on ne fait pas perdre ses repères à quelqu’un avant de l’abandonner en pleine nature jusqu’à la prochaine séance.

Accompagnement coaching Bordeaux

3. Poursuivre : pourquoi pas atteindre ? Parce que le coach n’a pas d’obligation de résultat, seulement une obligation de moyens. Il serait d’ailleurs extrêmement prétentieux de penser qu’on peut « changer » quelqu’un. Seul le client peut changer, s’il le veut. Et si c’est bien au coach de créer les conditions qui rendent ce changement possible, ce n’est en aucun cas à lui de « forcer » pour obtenir le changement.

4. Pratique d’accompagnement : le coaching est probablement le mode d’accompagnement le plus respectueux : il n’impose rien, il se base sur la confiance que le coach a dans son client à qui il offre un espace de liberté, un temps pour lui, pour réfléchir, pour être écouté et s’écouter lui-même.

Le coach n’apporte pas de réponse, nous l’avons compris, qu’apporte-t- il, alors ?

Tout d’abord, ce cadre, sécurisant et ouvert à la fois, neutre (un coach ne dit jamais « c’est bien » / « ce n’est pas bien »), impartial (un coach ne dit jamais « tu as tort » / « tu as raison »), strictement encadré par une déontologie qui prévoit également la confidentialité des échanges. Il apporte une écoute totale (le verbal, le corporel, l’émotionnel, parfois le spirituel). Il apporte aussi une forme d’expertise qui va aider le client à exprimer sa demande, aussi embrouillée soit-elle de prime abord (pas de demande = pas de coaching), comprendre ce qui empêche son client de changer, d’aller vers son objectif, rendre ce changement possible puis s’assurer qu’il est positif, sécurisé et écologique (durablement respectueux de l’environnement et des ressources du client).

Autonomisation coach professionnel Bordeaux

Enfin, le coach doit veiller à l’autonomisation de son client : il ne décide pas à sa place, nous l’avons vu, puisqu’il ne donne pas les réponses. Il ne doit surtout pas non plus avoir une attitude de gourou-rentier, indispensable auprès d’un client : savoir rendre un client autonome n’est pas le moindre des savoir-faire du coach : il doit avoir auparavant créé les conditions pour que son client ait intégré qu’il peut à présent voler de ses propres ailes, que l’accompagnement touche à sa fin mais qu’il a durablement appris à s’en sortir tout seul. Le coaching peut-être un tremplin, surtout pas une béquille.

Exemples coaching professionnel Bordeaux

Quelques exemples de sujets de coaching professionnel : prendre de la hauteur dans le cadre d’une nouvelle fonction, augmenter son niveau de délégation, développer commercialement son activité, améliorer son assertivité, (re)trouver sa sérénité dans son poste, trouver son style de management…

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Le recours au coaching est-il un aveu d’échec ?

Pourquoi avoir recours au coaching ?

Il y a quelques mois, je reçois un appel que je n’attendais plus. Un ancien client avait donné mon numéro à un de ses proches, François, directeur d’agence dans une société d’informatique, en difficulté dans sa mission. Mon client m’avait informé de sa démarche, mais François n’avait pas appelé. 8 mois plus tard, donc, François m’appelle et me dit :

– C’est un énorme effort pour moi de vous appeler
– Pourquoi ?
– Parce que si je vous appelle, c’est que je n’y parviens pas tout seul
– D’accord, et ?
– Et donc c’est que je suis mauvais.

A ce moment-là, je me suis dit « quel dommage ! » Quel dommage de teinter de façon aussi négative le début d’une nouvelle relation et surtout le début d’un nouveau chemin.

Recours coach professionnel Bordeaux

Je lui demande :
– Vous connaissez Rafael Nadal ?
– Oui
– Pensez-vous qu’il ait un coach ?
– Euh…probablement, oui
– Et pensez-vous que le président de xxx (nom d’une société du CAC 40) puisse avoir recours au coaching ?
– Euh…je ne sais pas, c’est possible
– Je ne sais pas non plus. Sont-ils mauvais ?
– Non, bien sûr !
– Alors pourquoi auraient-ils un coach ?
– Peut-être pour progresser ?
– Pourquoi pas. Quelle est la différence avec votre démarche ?
– … C’est vrai, elle n’est pas si grande en fait !

J’ai ensuite eu une discussion avec François sur son engagement sur cette voie de progrès et de travail, engagement qui démontrait qu’il avait conscience de ses axes d’amélioration, qu’il avait le courage de les exprimer, de les affronter et qu’il prenait les sujets à bras le corps pour résoudre, changer, régler, progresser.

Faire appel à un coach professionnel Bordeaux

Contacter un coach n’est définitivement pas un aveu d’échec. C’est un appel au changement. Au changement de ce qui ne nous convient pas ou plus. C’est la démonstration d’une volonté de développement, le progrès et c’est parfois un pas difficile à réaliser.

En outre, en cas de grande difficulté professionnelle pouvant mener au burn-out, une intervention préventive est bien entendu largement préférable à une réparation curative et réparatrice. Pour être intervenu dans les deux situations, j’ai pu constater qu’il est parfois possible, en mettant les justes mots sur les situations, d’empêcher la survenue de cette maladie.

Enfin, le coaching n’est pas non plus une solution de facilité. Il emmène sur la voie de la connaissance (découverte ?) de soi et du travail, qui sont deux activités qui nécessitent courage et énergie. Les récompenses, en revanche, sont souvent magnifiques. Même si elles ne me sont pas adressées, elles me rendent heureux d’exercer ce métier.

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La grille RPBDC

Qu’est-ce que la grille RPBDC ?

Une conversation de coaching répond à au moins deux critères qui font qu’elle n’est pas une discussion de « Café du Commerce ».

Le premier de ces critères est le très haut niveau d’écoute du coach professionnel qui doit savoir saisir dans un même mouvement le verbal, le para-verbal, le non verbal. Il s’attache également aux processus à l’œuvre dans la relation coach/client (qu’est-ce qui se joue ici et maintenant entre lui et moi). J’aurai l’occasion de revenir sur cette écoute à plusieurs étages dans un prochain billet.

Le second critère est que, tout en ayant l’air parfaitement naturel, l’échange est structuré par le coach autour d’un processus. Je démarre autour de la situation que vit le client, je la diagnostique avec lui puis je balise ma zone d’intervention. Ensuite, le véritable travail d’accompagnement démarre, même si ces préliminaires en font largement partie. Une des structures possibles pour ce faire est la grille RPBDC.

Grille RPBDC coach Bordeaux

Élaborée par Vincent Lenhardt, le propos de cette grille est de permettre à un client d’expliquer en quoi une situation est problématique pour lui et ce qu’il attend de son coach à ce sujet. Elle constitue ainsi une double protection : pour le client qui va circonscrire l’action de son coach à ce qu’il souhaite travailler avec lui et pour le coach qui sécurise le processus et le contenu (forme et fond) de son intervention.

R = REEL : il s’agit ici de faire décrire la situation. Cela semble simple mais ça ne l’est pas : quand un client est englué dans ses problèmes, il lui est souvent difficile de décrire sa situation autrement que confusément, ce qui m’a valu récemment la réflexion « si j’y voyais clair, je ne ferais pas appel à un coach ! ». Il s’agit alors de guider méthodiquement son client avec une technique de questionnement exploratoire. Il en existe plusieurs, comme le CQQCOQP En fait, chaque situation est particulière et sera travaillée  différemment.

Méthode coach Bordeaux

P = PROBLEME : le coach va ici demander au client d’expliquer en quoi la situation est problématique pour lui et d’exprimer l’écart entre la situation réelle et la situation souhaitée.

B = BESOIN : à l’étude du réel et du problème, le coach est souvent capable d’établir un diagnostic voire d’envisager une stratégie d’actions pour aider son client à élaborer ses solutions. Mais à ce stade, il est trop tôt pour intervenir.

D = DEMANDE : en regard du besoin et de sa perception de celui-ci, le client doit maintenant exprimer une demande : en clair quel résultat veut-il atteindre et qu’attend-il de son coach ? Là encore, il est parfois compliqué pour un client de décrire précisément le périmètre de l’accompagnement. Le coach peut donc, avec beaucoup de délicatesse, aider le client à cheminer, tout en ayant en tête la règle déontologique suivante : tant qu’une demande appartenant au champ du coaching n’est pas clairement exprimée, il ne peut y avoir d’intervention.

C = CONTRAT : Lorsque tout est clair, un contrat formalisera et synthétisera les éléments. Il explicitera le résultat attendu et le rôle du coach. Il peut prendre la forme d’un contrat de coaching si la grille RPBDC a été appliquée de façon globale en début de mission. Il peut aussi être un simple contrat oral pour formaliser une intervention ponctuelle lors d’une séance. C’est l’une des grandes forces de cette grille : elle fonctionne en macro sur l’ensemble du processus de coaching comme en micro sur un point de détail.

Un petit secret de coach pour conclure : cette grille encadre le processus ; elle constitue, même, à ce stade, le processus. Mais si elle guide l’échange, faisant qu’un entretien de coaching n’est pas un entretien de « Café du Commerce », la façon dont le client va exprimer et poser son problème, le cheminement particulier, unique, de sa pensée, vont renseigner l’accompagnant au moins autant que le contenu qui va lui être livré, car il va lui superposer d’autres outils (PNL, Analyse transactionnelle…). 

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Coaching et Motivation

Coaching et motivation Bordeaux

Je me rends compte à travers les premiers échanges que j’ai avec mes clients d’une confusion fréquente. Dans l’esprit de nombre d’entre eux, un coaching est une formation sur mesure additionnée d’une « injection de motivation ». Pour clarifier, je vous invite à lire l’article Qu’est-ce vraiment que le coaching ?

L’importance de la motivation

L’augmentation de la motivation peut être un effet du coaching. Certainement pas une volonté (éventuellement « soufflée » par le commanditaire, DRH ou manager du client accompagné) du coach qui ne doit surtout pas « vouloir pour son client ». En revanche, il me semble que le client qui le souhaite, l’a exprimé clairement, doit pourvoir compter sur son coach pour lui redonner énergie et confiance en lui quand il se trouve dans un état de doute. Retrouver mon socle solide de compétence et mon plaisir à travailler. Reprendre confiance dans mes capacités professionnelles à un moment où quelques échecs successifs les ont ébranlées. Autant de beaux objectifs de coaching. Et un coach mandaté pour cela sera bien entendu légitime pour intervenir dans ce cadre.

Une de mes clientes, Carine, a récemment décidé d’abandonner un projet . Il n’est pas du tout de mon ressort de l’en empêcher. Au nom de quoi lui aurais-je dit « tu ne vas pas abandonner maintenant ? » Pour mémoire, le coach est et doit rester neutre dans les choix de ses clients. Si le contrat de coaching avait prévu dès le début que ce type de situation devait donner lieu à une « remotivation » par mes soins, ça aurait été déontologiquement possible.

Mais peut-on vraiment motiver quelqu’un ? Déontologiquement possible mais techniquement difficile : remettre en énergie, oui, stimuler (court terme), pourquoi pas, mais motiver (long terme), est probablement illusoire. Ce que l’on peut en revanche travailler, ce sont les conditions de la motivation. Et notamment la possibilité pour le client de croire en lui, à nouveau. Il va ainsi retrouver l’énergie qui viendra nourrir à la fois son plaisir à remplir sa mission et son envie de continuer, d’aller plus loin. 

Coaching et confiance en soi

Un autre sujet serait un client prêt à baisser les bras parce qu’il ne se sent pas ou plus capable de réussir. Le coach serait alors légitime à le faire travailler sur ce ressenti. Réfléchir avec son client autour de ses compétences, de ses qualités, vont lui redonner confiance. Pour parvenir à son but.

Pour conclure, si je pense qu’il n’appartient pas au coach de motiver son client, accompagner celui-ci dans une réflexion complète sur les conséquences de l’abandon d’un projet, sur les bénéfices et inconvénients qu’il y aurait à le poursuivre, font en revanche partie de son rôle. En effet, une telle décision peut parfois se prendre sous le coup d’une émotion. La ramener dans le champ de la raison peut permettre de la voir sous un autre angle. Surtout quand votre coach vous amène à réfléchir sur les questions que votre inconscient avait brillamment éludées.

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