Qu’est-ce vraiment que le coaching ?

S’il est un métier dont l’appellation est galvaudée, malmenée, déformée, mise à toutes les sauces, c’est bien le coaching.

Il faut dire que personne ne fait d’efforts : la plupart des livres sur le coaching commencent par trois pages de définitions prises ici ou là avant que l’auteur tente sa propre synthèse. Ensuite, il y a ceux qui s’improvisent coach, j’en croise souvent : ils font du conseil dans le cadre d’accompagnements de proximité. Comme c’est personnalisé, « sur-mesure », c’est une forme de coaching. Perdu ! Que le conseil soit personnalisé et sur-mesure, il me semble que c’est la moindre des choses, sinon on donne les mêmes conseils à chacun ! Mais ce n’est pas du coaching. De même qu’une formation, aussi personnalisée et sur-mesure qu’elle soit, n’est pas non plus du coaching.

Ajoutons à ça le « love coaching », le « house coaching », le « coaching en image », le « dog coaching » (si, si !) j’en passe et des meilleures. Sans porter de jugement sur le contenu de ces prestations, quand on lit le détail de leur description, il ne s’agit toujours pas de coaching.

Alors finalement, qu’est-ce vraiment que le coaching ?
Et est-ce une posture puriste-jusqu’au-boutiste-extrémiste que de refuser de rattacher les pratiques ci-dessus au coaching ?

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Le coaching est une pratique d’accompagnement qui part des objectifs d’un client et lui permet de les poursuivre par ses propres moyens.

1. Objectifs : ils peuvent être personnels ou professionnels et nous ne traiterons ici que de ces derniers (même si une intervention sur des sujets professionnels a souvent des répercussions dans la vie personnelle). Ils ont en commun de ne pas être facilement atteignables par la personne accompagnée, qui, avant de faire appel au coach, n’y parvient pas seule. Ils nécessitent des prises de conscience, des changements, des efforts de la part du client.  S’engager sur la voie du coaching n’est donc pas une solution de facilité ni un aveu d’échec ou de faiblesse. C’est au contraire la démonstration que la personne souhaite progresser et qu’elle est prête à faire des efforts pour y parvenir. Les objectifs précis d’un coaching nécessitent souvent au moins une séance pour être clarifiés, car il arrive fréquemment que la situation d’un client soit embrouillée, complexe et qu’il ait du mal à exprimer ses réels besoins dans des demandes claires.

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2. Propres moyens : le coach ne donne aucune réponse à son client. Comme le coach d’un joueur de tennis doit savoir jouer sans pour autant tenir la raquette de son champion, le coach du professionnel doit connaitre le monde de l’entreprise, ses codes, ses difficultés… Mais il fait une totale confiance à son client pour savoir comment il doit et il va s’y prendre. Il chemine à côté de lui, lui fait faire parfois un pas de côté pour regarder une situation sous un angle différent, avec un nouvel éclairage.

Il questionne les certitudes, il bouscule le cadre de référence de la personne accompagnée pour lui permettre de l’élargir et d’y trouver de nouvelles solutions. Bien entendu, tout ceci nécessite de la sécurité en même temps : on ne fait pas perdre ses repères à quelqu’un avant de l’abandonner en pleine nature jusqu’à la prochaine séance.

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3. Poursuivre : pourquoi pas atteindre ? Parce que le coach n’a pas d’obligation de résultat, seulement une obligation de moyens. Il serait d’ailleurs extrêmement prétentieux de penser qu’on peut « changer » quelqu’un. Seul le client peut changer, s’il le veut. Et si c’est bien au coach de créer les conditions qui rendent ce changement possible, ce n’est en aucun cas à lui de « forcer » pour obtenir le changement.

4. Pratique d’accompagnement : le coaching est probablement le mode d’accompagnement le plus respectueux : il n’impose rien, il se base sur la confiance que le coach a dans son client à qui il offre un espace de liberté, un temps pour lui, pour réfléchir, pour être écouté et s’écouter lui-même.

Le coach n’apporte pas de réponse, nous l’avons compris, qu’apporte-t- il, alors ?

Tout d’abord, ce cadre, sécurisant et ouvert à la fois, neutre (un coach ne dit jamais « c’est bien » / « ce n’est pas bien »), impartial (un coach ne dit jamais « tu as tort » / « tu as raison »), strictement encadré par une déontologie qui prévoit également la confidentialité des échanges. Il apporte une écoute totale (le verbal, le corporel, l’émotionnel, parfois le spirituel). Il apporte aussi une forme d’expertise  qui va aider le client à exprimer sa demande, aussi embrouillée soit-elle de prime abord (pas de demande = pas de coaching), comprendre ce qui empêche son client de changer, d’aller vers son objectif, rendre ce changement possible puis, s’il a lieu, s’assurer qu’il est positif, sécurisé et écologique (durablement respectueux de l’environnement et des ressources du client).

Enfin, le coach doit veiller à l’autonomisation de son client : il ne décide pas à sa place, nous l’avons vu, puisqu’il ne donne pas les réponses. Il ne doit surtout pas non plus avoir une attitude de gourou-rentier, indispensable auprès d’un client : savoir rendre un client autonome n’est pas le moindre des savoir-faire du coach : il doit avoir auparavant créé les conditions pour que son client ait intégré qu’il peut à présent voler de ses propres ailes, que l’accompagnement touche à sa fin mais qu’il a durablement appris à s’en sortir tout seul. Le coaching peut-être un tremplin, surtout pas une béquille.

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Bordeaux, le 27 mars 2018

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