Si j’étais à sa place…

Dans mon quotidien de médiateur et de coach, il m’arrive souvent d’être confronté à l’incompréhension d’une personne en face d’un comportement, d’une décision, d’une action qu’entreprend une autre personne et qu’elle ne parvient pas à comprendre. Parfois même qu’elle n’aurait pas pu imaginer, qu’elle ne croyait peut-être pas envisageable. « Mais comment peut-il faire ça ? se comporter de telle façon ? penser de telle manière ? Moi, à sa place… »

« Moi à sa place… »

C’est une locution courante. En tout cas elle s’invite souvent dans mon cabinet de coach et de médiateur.

Se mettre à la place de l’autre ? Vraiment ?

A bien y réfléchir, deux évidences rationnelles s’imposent à nous.

La première est que nous ne sommes pas à la place de l’autre. Nous n’y sommes pas et nous n’y serons jamais. Nous sommes dans l’impossibilité physiologique et psychologique d’être à la place de l’autre.

Ce qui me semble fondamental, c’est de comprendre que nous voyons tous le monde différemment. De façon unique, parce que nous avons tous des informations différentes. Informations amenées par notre culture, notre éducation, notre expérience… Ces différences entre nous sont en fait une bonne nouvelle : si nous étions tous identiques, nous voudrions tous faire le même métier, habiter la même maison, épouser la même personne… le monde serait invivable !

Même nous, parfois, à notre place…

Qui ne s’est jamais agacé de cette personne qui ne démarre pas devant lui quand le feu passe au vert alors qu’il est pressé ? Et qui ne s’est jamais agacé de ce coup de klaxon derrière lui alors que le feu « vient à peine de passer au vert » ? On voit bien qu’en fonction de nos informations, de notre état émotionnel du moment, on peut parfois avoir des ressentis différents voire opposés sur une situation. Nous ne sommes pas à la place de l’autre, ce qui nous empêche de savoir ce que nous ferions à sa place.

Nous prenons en compte notre raisonnement et notre émotion

En revanche, on peut être certain que l’autre fait au mieux pour lui-même en fonction des informations dont il dispose. Il essaye de protéger au mieux ses intérêts, de défendre ce qui est important pour lui. Il cherche à préserver son intégrité physique et psychologique, à nourrir ses besoins. Et nous pouvons voir ou imaginer, grâce à nos informations, certaines limites, certains dangers (réels ou supposés) de ses actions, de ses décisions. Parce que nous avons d’autres informations et que nous sommes engagés différemment d’un point de vue émotionnel dans sa situation, nous voyons les choses autrement.

La seconde évidence rationnelle est que si nous poussons le raisonnement, on réalise que l’autre décide en fonction des informations qu’il a. Si nous étions « à sa place », nous aurions donc les mêmes informations que lui. Uniquement celles-ci. Et aussi lointaine que cette idée puisse nous paraitre, la conséquence de cette situation est que, à sa place, nous agirions probablement (sûrement ?) exactement comme lui.

Que peut faire le médiateur de cette idée ?

Au moins deux réponses m’apparaissent :

Dans un premier temps, c’est une façon de rencontrer l’autre, de l’accueillir, de le considérer. Se dire qu’à sa place nous agirions comme lui, c’est une autre manière d’envisager la relation. Y compris si ses actions et ses décisions nous posent des difficultés : accepter cette idée, c’est simplement valider la légitimité de l’autre vis-à-vis de lui-même. Ce n’est pas lui dire qu’il a raison ni que nous sommes en accord avec lui. C’est le raisonnement que le médiateur favorise.

Dans un second temps, comme nous disposons d’autres informations et d’un engagement émotionnel différent, sans lui dire qu’il a tort, sans remettre en cause sa légitimité, nous pouvons cependant parfois le faire réfléchir, par exemple en lui posant des questions et en lui faisant faire ce pas de côté qui permet d’envisager les choses autrement en enrichissant son raisonnement.

2 représentations d'une même réalité

C’est ce que nous faisons en médiation et en coaching dans des conditions qui permettent de respecter la sécurité de notre client. Sans penser qu’il a tort nous l’invitons simplement à regarder d’autres facettes de la réalité. Une réalité, tellement complexe qu’elle ne nous est jamais entièrement accessible.

Alors la prochaine fois que vous commencerez une phrase par « Moi, à sa place… », comment la terminerez-vous ?

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Intervenir sur les problèmes

En tant que coach professionnel ou que médiateur, on me demande souvent d’intervenir pour « résoudre un problème ».

Un problème est un écart. Un écart entre une situation actuelle, réelle, que vit une personne, et une situation qu’elle voudrait à la place. Professionnellement, nous résolvons des problèmes au quotidien. C’est même souvent ainsi que nous définissons nos postes. La finalité de la plupart de nos tâches revient à combler ces écarts. Et nos clients ont recours à nos services pour résoudre leurs problèmes, quel que soit notre métier.

Plusieurs solutions à un problème

On n’appelle pas toujours « problème » la situation de départ. En effet, ce mot est un jugement que nous portons. Par exemple, un comptable qui saisit des écritures passe d’une situation « les écritures ne sont pas saisies » à une situation « les écritures sont saisies ». Il ne va considérer qu’il y a un problème que si son patron lui explique que sa saisie est fausse ou mauvaise. Il aurait alors un problème de compétence. Ou bien s’il a un temps trop limité pour réaliser sa tâche, il aura un problème de temps. Ou de « bande passante » comme on dit dans les entreprises « modernes » ! Ce sont alors les éléments de contexte qui créent le problème.

Problème ou opportunité ?

Autre exemple : « on m’a volé mon vélo ». C’est un problème. Si je vous donne un autre élément de contexte qui est que j’ai envie d’un vélo électrique depuis longtemps mais que j’hésite à en acheter un alors que j’ai déjà un vélo qui fonctionne bien, vous commencez à distinguer comment on peut passer d’un problème à une opportunité !

Un problème peut aussi être une solution

Maintenant que nous savons que la notion de problème est un jugement, donc soumise à interprétation et discussion, on peut envisager une première intervention possible par le coach professionnel : permettre une prise en recul. « Qu’est-ce qui vous fait dire que vous avez un problème ? » ; « En quoi est-ce un problème pour vous ? » ; « Quels sont ses effets ? »

Mais aussi : « que vous permet ce problème ? » On peut notamment explorer comment la personne, parfois inconsciemment, va entretenir le problème. Elle l’appelle problème, mais s’il est arrivé dans sa vie, il y a parfois (souvent) de bonnes raisons. Et s’il y reste aussi. Le client qui souhaite une évolution de sa situation (= résolution du problème) va donc devoir renoncer à ce que lui permet le problème. Par exemple, le problème d’un de mes clients, était qu’il ne parvenait pas à se libérer du temps pour prospecter de nouveaux clients. L’exploration du problème a mis à jour qu’il avait peur de prospecter, de vivre des échecs, de se sentir rejeté. Son problème de temps était en fait une solution à un problème plus profond, antérieur, que nous avons dû résoudre en premier.

Chercher le problème réel qui se cache derrière le problème déclaré

En synthèse, intervenir sur les problèmes, en coaching, passe par plusieurs étapes : clarifier que la situation est bien problématique pour le client, explorer et découvrir la véritable racine du problème et travailler ensuite au bon endroit.

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Être capable ?

Il y a quelques semaines, j’ai eu un entretien de précoaching avec Virginie. Cet entretien fait partie de mon processus de coaching. Il vise à ce que le client et le coach professionnel fassent connaissance, échangent sur les attentes, les besoins, les demandes et le contenu d’un coaching afin de pouvoir décider ensuite, en conscience et connaissance de démarrer un accompagnement.

Virginie, me livre assez vite : « je sais que je suis capable, mais je n’y arrive pas ». J’entends régulièrement ces mots. Et puis parfois mon client ne sait pas (encore) qu’il est capable.

S’il sait déjà, il a confiance dans sa propre capacité. Son travail va donc rapidement l’amener à une mise en mouvement pour réorganiser ses idées, lever les obstacles, avancer vers ses solutions et ses objectifs.

Mais parfois il ne sait pas qu’il est capable. En tout cas pas consciemment. Il doit probablement le savoir au fond de lui puisqu’il n’est pas allé vers une formation (« technique ») mais un coaching.

Rendre capable (ou rendre à César ?)

Je vais commencer par permettre à cette prise de conscience de se faire. De mon côté, j’ai déjà une foi inébranlable en mon client et en sa capacité à atteindre ses objectifs. C’est évidemment un appui majeur pour l’aider à l’intégrer du sien. D’autant plus qu’il est possible que d’autres autour de lui en ont déjà conscience également : son service RH qui m’a missionné, son manager qui a proposé le coaching… Autant de leviers que je vais pouvoir utiliser pour faire réfléchir mon client à la confiance qui lui est ainsi témoignée. C’est une base de réflexion pour aller chercher les situations qui ont bâti cette confiance. Les réussites du passé notamment. Par infusion, le client peut ainsi se convaincre lui-même qu’il est capable.

le coaching professionnel pour redonner le « pouvoir de »

Dans d’autre situations, il va douter longtemps de sa capacité. C’est alors avec douceur et précautions que je vais lui proposer de s’autoriser, d’essayer, dans des contextes très identifiés, présentant peu d’enjeux et de risques. Il va ainsi pouvoir éprouver la réussite. Vivre sa capacité à y parvenir seul. Il peut le faire. « Oui mais dans ce cas c’était différent/facile/pas pareil/… » Ou comment auto-minorer cette capacité qu’il vient de se révéler ! Cette phrase vient souvent à ce stade. On va donc étudier les transpositions possibles à d’autres situations qui présentent plus de difficulté, d’incertitude. On identifie très précisément les risques (réels), les dangers. Puis on travaille sur un plan d’action détaillé, un pas-à-pas qui sécurise le chemin à parcourir, au long duquel nous célèbrerons les petits succès et résoudrons les difficultés. Toutes les facettes d’une situation, agréables ou non, ont leur place en coaching. Les réussites sont valorisées et servent d’exemples. Les problèmes sont autant d’opportunités d’apprentissage. Jusqu’à l’atteinte de l’objectif, à la manière du client.

Exercer son talent

Le coaching professionnel est un accompagnement au changement. Ici, le changement demandé par le client passe par une capacité, des compétences, présentes dans la personne mais difficiles à mobiliser pour le moment. Je fais souvent le parallèle avec le « mot sur le bout de la langue » : je connais bien le mot mais je n’y ai pas accès pour l’instant. Le coach contribue à recréer la connexion.


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Qu’est-ce vraiment que le coaching ?

S’il est un métier dont l’appellation est galvaudée, malmenée, déformée, mise à toutes les sauces, c’est bien le coaching. Mais qu’est-ce vraiment que le coaching ?

Il faut dire que personne ne fait d’efforts : la plupart des livres sur le coaching commencent par trois pages de définitions prises ici ou là avant que l’auteur tente sa propre synthèse. Ensuite, il y a ceux qui s’improvisent coach, j’en croise souvent : ils font du conseil dans le cadre d’accompagnements de proximité. Comme c’est personnalisé, « sur-mesure », c’est une forme de coaching. Perdu ! Que le conseil soit personnalisé et sur-mesure, il me semble que c’est la moindre des choses, sinon on donne les mêmes conseils à chacun ! Mais ce n’est pas du coaching. De même qu’une formation, aussi personnalisée et sur-mesure qu’elle soit, n’est pas non plus du coaching.

Ajoutons à ça le « love coaching », le « house coaching » (dont je n’ai toujours pas compris s’ils s’agissait d’un accompagnement à la vente de son logement ou à la pratique du hip-hop), le « coaching en image », j’en passe et des meilleures. Sans porter de jugement sur le contenu de ces prestations, quand on lit le détail de leur description, il ne s’agit toujours pas de coaching.

Alors finalement, qu’est-ce vraiment que le coaching ?

Et est-ce une posture puriste-jusqu’au-boutiste-extrémiste que de refuser de rattacher les pratiques ci-dessus au coaching ?

Pratiques coaching professionnel Bordeaux

Le coaching est une pratique d’accompagnement qui part des objectifs d’un client et lui permet de les poursuivre par ses propres moyens.

1. Objectifs : ils peuvent être personnels ou professionnels et nous ne traiterons ici que de ces derniers (les objectifs personnels, tels qu’arrêter de fumer ou perdre du poids ne relèvent pas de ma pratique : je vais essayer de rester dans ce que je connais, même si le processus est proche). Ils ont en commun de ne pas être facilement atteignable par la personne accompagnée, qui, avant de faire appel au coach, n’y parvient pas seule. Ils nécessitent des prises de conscience, des changements, des efforts de la part du client. S’engager sur la voie du coaching n’est donc pas une solution de facilité ni un aveu d’échec ou de faiblesse. C’est au contraire la démonstration que la personne souhaite progresser et qu’elle est prête à faire des efforts pour y parvenir. Les objectifs précis d’un coaching nécessitent souvent au moins une séance pour être clarifiés, car il arrive fréquemment que la situation d’un client soit embrouillée, complexe et qu’il ait du mal à exprimer ses réels besoins dans des demandes claires.

Besoins coach professionel Bordeaux

2. Propres moyens : le coach ne donne aucune réponse à son client. Comme le coach d’un joueur de tennis doit savoir jouer sans pour autant tenir la raquette de son champion, le coach du professionnel doit connaitre le monde de l’entreprise, ses codes, ses difficultés… Mais il fait une totale confiance à son client pour savoir comment il doit et il va s’y prendre. Il chemine à côté de lui, lui fait faire parfois un pas de côté pour regarder une situation sous un angle différent, avec un nouvel éclairage.

Il questionne les certitudes, il bouscule le cadre de référence de la personne accompagnée pour lui permettre de l’élargir et d’y trouver de nouvelles solutions. Bien entendu, tout ceci nécessite de la sécuriser en même temps : on ne fait pas perdre ses repères à quelqu’un avant de l’abandonner en pleine nature jusqu’à la prochaine séance.

Accompagnement coaching Bordeaux

3. Poursuivre : pourquoi pas atteindre ? Parce que le coach n’a pas d’obligation de résultat, seulement une obligation de moyens. Il serait d’ailleurs extrêmement prétentieux de penser qu’on peut « changer » quelqu’un. Seul le client peut changer, s’il le veut. Et si c’est bien au coach de créer les conditions qui rendent ce changement possible, ce n’est en aucun cas à lui de « forcer » pour obtenir le changement.

4. Pratique d’accompagnement : le coaching est probablement le mode d’accompagnement le plus respectueux : il n’impose rien, il se base sur la confiance que le coach a dans son client à qui il offre un espace de liberté, un temps pour lui, pour réfléchir, pour être écouté et s’écouter lui-même.

Le coach n’apporte pas de réponse, nous l’avons compris, qu’apporte-t- il, alors ?

Tout d’abord, ce cadre, sécurisant et ouvert à la fois, neutre (un coach ne dit jamais « c’est bien » / « ce n’est pas bien »), impartial (un coach ne dit jamais « tu as tort » / « tu as raison »), strictement encadré par une déontologie qui prévoit également la confidentialité des échanges. Il apporte une écoute totale (le verbal, le corporel, l’émotionnel, parfois le spirituel). Il apporte aussi une forme d’expertise qui va aider le client à exprimer sa demande, aussi embrouillée soit-elle de prime abord (pas de demande = pas de coaching), comprendre ce qui empêche son client de changer, d’aller vers son objectif, rendre ce changement possible puis s’assurer qu’il est positif, sécurisé et écologique (durablement respectueux de l’environnement et des ressources du client).

Autonomisation coach professionnel Bordeaux

Enfin, le coach doit veiller à l’autonomisation de son client : il ne décide pas à sa place, nous l’avons vu, puisqu’il ne donne pas les réponses. Il ne doit surtout pas non plus avoir une attitude de gourou-rentier, indispensable auprès d’un client : savoir rendre un client autonome n’est pas le moindre des savoir-faire du coach : il doit avoir auparavant créé les conditions pour que son client ait intégré qu’il peut à présent voler de ses propres ailes, que l’accompagnement touche à sa fin mais qu’il a durablement appris à s’en sortir tout seul. Le coaching peut-être un tremplin, surtout pas une béquille.

 

Exemples de coaching professionnel à Bordeaux

Quelques exemples de sujets de coaching professionnel : prendre de la hauteur dans le cadre d’une nouvelle fonction, augmenter son niveau de délégation, développer commercialement son activité, améliorer son assertivité, (re)trouver sa sérénité dans son poste, trouver son style de management…

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Le recours au coaching est-il un aveu d’échec ?

Pourquoi avoir recours au coaching ?

Il y a quelques mois, je reçois un appel que je n’attendais plus. Un ancien client avait donné mon numéro à un de ses proches, François, directeur d’agence dans une société d’informatique, en difficulté dans sa mission. Mon client m’avait informé de sa démarche, mais François n’avait pas appelé. 8 mois plus tard, donc, François m’appelle et me dit :

– C’est un énorme effort pour moi de vous appeler
– Pourquoi ?
– Parce que si je vous appelle, c’est que je n’y parviens pas tout seul
– D’accord, et ?
– Et donc c’est que je suis mauvais.

A ce moment-là, je me suis dit « quel dommage ! » Quel dommage de teinter de façon aussi négative le début d’une nouvelle relation et surtout le début d’un nouveau chemin.

 

Avoir recours à un coach professionnel à Bordeaux

Je lui demande :
– Vous connaissez Rafael Nadal ?
– Oui
– Pensez-vous qu’il ait un coach ?
– Euh…probablement, oui
– Et pensez-vous que le président de xxx (nom d’une société du CAC 40) puisse avoir recours au coaching ?
– Euh…je ne sais pas, c’est possible
– Je ne sais pas non plus. Sont-ils mauvais ?
– Non, bien sûr !
– Alors pourquoi auraient-ils un coach ?
– Peut-être pour progresser ?
– Pourquoi pas. Quelle est la différence avec votre démarche ?
– … C’est vrai, elle n’est pas si grande en fait !

J’ai ensuite eu une discussion avec François sur son engagement sur cette voie de progrès et de travail, engagement qui démontrait qu’il avait conscience de ses axes d’amélioration, qu’il avait le courage de les exprimer, de les affronter et qu’il prenait les sujets à bras le corps pour résoudre, changer, régler, progresser.

Faire appel à un coach professionnel Bordeaux

Contacter un coach n’est définitivement pas un aveu d’échec. C’est un appel au changement. Au changement de ce qui ne nous convient pas ou plus. C’est la démonstration d’une volonté de développement, le progrès et c’est parfois un pas difficile à réaliser.

En outre, en cas de grande difficulté professionnelle pouvant mener au burn-out, une intervention préventive est bien entendu largement préférable à une réparation curative et réparatrice. Pour être intervenu dans les deux situations, j’ai pu constater qu’il est parfois possible, en mettant les justes mots sur les situations, d’empêcher la survenue de cette maladie.

Enfin, le coaching n’est pas non plus une solution de facilité. Il emmène sur la voie de la connaissance (découverte ?) de soi et du travail, qui sont deux activités qui nécessitent courage et énergie. Les récompenses, en revanche, sont souvent magnifiques. Même si elles ne me sont pas adressées, elles me rendent heureux d’exercer ce métier.

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La grille RPBDC

Qu’est-ce que la grille RPBDC ?

Une conversation de coaching répond à au moins deux critères qui font qu’elle n’est pas une discussion de « Café du Commerce ».

Le premier de ces critères est le très haut niveau d’écoute du coach professionnel qui doit savoir saisir dans un même mouvement le verbal, le para-verbal, le non verbal. Il s’attache également aux processus à l’œuvre dans la relation coach/client (qu’est-ce qui se joue ici et maintenant entre lui et moi). J’aurai l’occasion de revenir sur cette écoute à plusieurs étages dans un prochain billet.

Le second critère est que, tout en ayant l’air parfaitement naturel, l’échange est structuré par le coach autour d’un processus. Je démarre autour de la situation que vit le client, je la diagnostique avec lui puis je balise ma zone d’intervention. Ensuite, le véritable travail d’accompagnement démarre, même si ces préliminaires en font largement partie. Une des structures possibles pour ce faire est la grille RPBDC.

Grille RPBDC coach professionnel à Bordeaux

Élaborée par Vincent Lenhardt, le propos de cette grille est de permettre à un client d’expliquer en quoi une situation est problématique pour lui et ce qu’il attend de son coach à ce sujet. Elle constitue ainsi une double protection : pour le client qui va circonscrire l’action de son coach à ce qu’il souhaite travailler avec lui et pour le coach qui sécurise le processus et le contenu (forme et fond) de son intervention.

R = REEL : il s’agit ici de faire décrire la situation. Cela semble simple mais ça ne l’est pas : quand un client est englué dans ses problèmes, il lui est souvent difficile de décrire sa situation autrement que confusément, ce qui m’a valu récemment la réflexion « si j’y voyais clair, je ne ferais pas appel à un coach ! ». Il s’agit alors de guider méthodiquement son client avec une technique de questionnement exploratoire. Il en existe plusieurs, comme le CQQCOQP En fait, chaque situation est particulière et sera travaillée  différemment.

Méthode coach Bordeaux

P = PROBLEME : le coach va ici demander au client d’expliquer en quoi la situation est problématique pour lui et d’exprimer l’écart entre la situation réelle et la situation souhaitée.

B = BESOIN : à l’étude du réel et du problème, le coach est souvent capable d’établir un diagnostic voire d’envisager une stratégie d’actions pour aider son client à élaborer ses solutions. Mais à ce stade, il est trop tôt pour intervenir.

D = DEMANDE : en regard du besoin et de sa perception de celui-ci, le client doit maintenant exprimer une demande : en clair quel résultat veut-il atteindre et qu’attend-il de son coach ? Là encore, il est parfois compliqué pour un client de décrire précisément le périmètre de l’accompagnement. Le coach peut donc, avec beaucoup de délicatesse, aider le client à cheminer, tout en ayant en tête la règle déontologique suivante : tant qu’une demande appartenant au champ du coaching n’est pas clairement exprimée, il ne peut y avoir d’intervention.

C = CONTRAT : Lorsque tout est clair, un contrat formalisera et synthétisera les éléments. Il explicitera le résultat attendu et le rôle du coach. Il peut prendre la forme d’un contrat de coaching si la grille RPBDC a été appliquée de façon globale en début de mission. Il peut aussi être un simple contrat oral pour formaliser une intervention ponctuelle lors d’une séance. C’est l’une des grandes forces de cette grille : elle fonctionne en macro sur l’ensemble du processus de coaching comme en micro sur un point de détail.

Un petit secret de coach pour conclure : cette grille encadre le processus ; elle constitue, même, à ce stade, le processus. Mais si elle guide l’échange, faisant qu’un entretien de coaching n’est pas un entretien de « Café du Commerce », la façon dont le client va exprimer et poser son problème, le cheminement particulier, unique, de sa pensée, vont renseigner l’accompagnant au moins autant que le contenu qui va lui être livré, car il va lui superposer d’autres outils (PNL, Analyse transactionnelle…). 

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Coaching et Motivation

Coaching et motivation Bordeaux

Je me rends compte à travers les premiers échanges que j’ai avec mes clients d’une confusion fréquente. Dans l’esprit de nombre d’entre eux, un coaching est une formation sur mesure additionnée d’une « injection de motivation ». Pour clarifier, je vous invite à lire l’article Qu’est-ce vraiment que le coaching ?

L’importance de la motivation

L’augmentation de la motivation peut être un effet du coaching. Certainement pas une volonté (éventuellement « soufflée » par le commanditaire, DRH ou manager du client accompagné) du coach qui ne doit surtout pas « vouloir pour son client ». En revanche, il me semble que le client qui le souhaite, l’a exprimé clairement, doit pourvoir compter sur son coach pour lui redonner énergie et confiance en lui quand il se trouve dans un état de doute. Retrouver mon socle solide de compétence et mon plaisir à travailler. Reprendre confiance dans mes capacités professionnelles à un moment où quelques échecs successifs les ont ébranlées. Autant de beaux objectifs de coaching. Et un coach mandaté pour cela sera bien entendu légitime pour intervenir dans ce cadre.

Une de mes clientes, Carine, a récemment décidé d’abandonner un projet . Il n’est pas du tout de mon ressort de l’en empêcher. Au nom de quoi lui aurais-je dit « tu ne vas pas abandonner maintenant ? » Pour mémoire, le coach est et doit rester neutre dans les choix de ses clients. Si le contrat de coaching avait prévu dès le début que ce type de situation devait donner lieu à une « remotivation » par mes soins, ça aurait été déontologiquement possible.

Mais peut-on vraiment motiver quelqu’un ? Déontologiquement possible mais techniquement difficile : remettre en énergie, oui, stimuler (court terme), pourquoi pas, mais motiver (long terme), est probablement illusoire. Ce que l’on peut en revanche travailler, ce sont les conditions de la motivation. Et notamment la possibilité pour le client de croire en lui, à nouveau. Il va ainsi retrouver l’énergie qui viendra nourrir à la fois son plaisir à remplir sa mission et son envie de continuer, d’aller plus loin. 

Coaching et confiance en soi

Un autre sujet serait un client prêt à baisser les bras parce qu’il ne se sent pas ou plus capable de réussir. Le coach serait alors légitime à le faire travailler sur ce ressenti. Réfléchir avec son client autour de ses compétences, de ses qualités, vont lui redonner confiance. Pour parvenir à son but.

Pour conclure, si je pense qu’il n’appartient pas au coach de motiver son client, accompagner celui-ci dans une réflexion complète sur les conséquences de l’abandon d’un projet, sur les bénéfices et inconvénients qu’il y aurait à le poursuivre, font en revanche partie de son rôle. En effet, une telle décision peut parfois se prendre sous le coup d’une émotion. La ramener dans le champ de la raison peut permettre de la voir sous un autre angle. Surtout quand votre coach vous amène à réfléchir sur les questions que votre inconscient avait brillamment éludées.

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